Juin 2003

Le vrai scandale des retraites

... Ce n'est pas ce que prétendent les enseignants qui, tout comme la justice matrimoniale en d'autres lieux, prennent des enfants en otages. Des enfants qui se préparent à passer le BAC ou d'autres examens, angoissés, perturbés dans leurs révisions, se demandant s'ils pourront accéder à leur diplôme.
Il est vrai que la féminisation de l'enseignement est telle que la situation rappelle celle de la justice familiale et que nombre de ces dames ont souvent l'habitude de considérer les enfants comme de petites marchandises dont on peut faire ce que l'on veut pour arranger ses finances.
Les enseignant(e)s en grève ne font pas autre chose. Ignoble chantage aux examens qui rappelle d'autres chantages aux droits de visite.

... Ce n'est pas ce que prétendent certains fonctionnaires ou agents du secteur public qui prennent en otages les voyageurs qui vont au travail ou simplement les citoyens qui écrivent pas nécessité et envoient un courrier qui n'arrivera jamais dans les temps.
Ces agents publics s'imaginent que puisque les autres francais qui travaillent (dans des emplois qui, eux, ne sont pas garantis à vie) payent leur salaires et leurs retraites par l'impôt, ils devront continuer à payer encore plus d'impôts pour leur assurer de confortables retraites sans augmentation de leurs cotisations ni de leur durée de travail (souvent peu productif) tandis que les contribuables corvéables à merci verraient leur propres retraites diminuées car les caisses de retraite du privé, elle, seront en faillite tandis que l'Etat, par l'impôt, pourrait leur assurer des retraites illimitées...!

Non, ce n'est pas cela.

Le système de retraite par répartition risque la faillite du fait de l'allongement de la durée de vie. La proportion des retraités dans la population s'est en effet considérablement accrue. Mais pas de façon uniforme.
En effet, au début du siècle passé, l'espérance de vie des femmes n'était que de quatre années supérieure à celle des hommes. En ce début de siècle-ci, elle est de neuf ans. Un homme, en moyenne, touchera la retraite une vingtaine d'années seulement avant de décéder, une femme pendant près de trente ans en moyenne. Pourtant, on exige de cet homme qu'il travaille aussi longtemps qu'une femme, (même plus longtemps car les femmes ayant eu des enfants bénéficient d'annuités supplémentaires dont les pères sont exclus) pour une retraite non majorée, des cotisations non réduites.

Là est le vrai scandale des retraites, car la jurisprudence a déjà établi en matière d'assurance qu'à risque moindre un sexe devait cotiser moins. Des compagnies d'assurance assurent en effet à coût moins élevé les femmes en matière automobile. L'Association Condition masculine qui avait attaqué en justice cette clause avit été déboutée car il avait été admis que ce sexe coutait moins cher en assurance automobile.
En matière d'assurance sur la durée de vie de la retraite, les hommes coutant nettement moins cher, il serait normal que leurs cotisations soient réduites, ou surtout, qu'ils puissent partir au moins cinq ans plus tôt en retraite afin de profiter, eux aussi d'un repos mérité et d'une fin de vie paisible dont la durée soit raisonnable à défaut d'être totalement équivalente à celle des femmes.
Pourtant c'est l'inverse qui a quelques temps existé. Les femmes pouvaient partir plus tôt à la retraite : à 60 ans au lieu de 65...
Des arguments fallacieux sont généralement avancés pour culpabiliser les hommes sur leur durée de vie plus courte, en invoquant des "conduites à risques" liées à leurs modes de vie, à leurs modes de consommation. La vérité est que les emplois masculins sont bien plus éreintants et plus stressants que la plupart des emplois féminins. Les travailleurs du bâtiment, les travailleurs manuels et de force, les livreurs, les chauffeurs, les paysans usent leur organisme dans l'exercice de leur métier. Les cadres supérieurs ne sont pas épargnés par les heures supplémentaires innombrables et payent un lourd tribu à l'infarctus et au stress (Il faut rappeler que c'est dans cette catégorie de salariés du privé que l'on trouve les 30% d'écart de salaires hommes/femmes. La différence d'investissement au travail explique souvent bien cela)
De plus, la couverture de santé préventive a été développée de façon plus poussée pour les femmes, pour les mères que pour les hommes. Il y a quelques annnées, une affiche de médecine préventive représentant un coeur stylisé titrait "coeur de femme". Qui a jamais vu une promotion à grand frais de communication pour la santé masculine avec pour slogan "coeur d'homme" ?

Les hommes seraient justifiés à faire la grève générale pour exiger un départ en retraite cinq ans plus tôt. C'est ce que commanderait le moindre respect de l'équité et de la parité, une parité face à la vie.