Le Congrès américain devrait abolir la loi discriminatoire contre la violence conjugale



Le jeudi 30 juin 2005
Wendy McElroy (FoxNews-USA)

La loi contre la violence faîte aux femmes (Violence Against Women Act, VAWA) expirera en septembre prochain, à moins qu'elle ne soit renouvelée par le Congrès. En grande partie considérée comme une mesure visant à contrer la violence conjugale, le VAWA est devenue l'emblème des défenseurs des droits des hommes, qui le voient plutôt comme le vrai symbole du préjugé anti-mâle dans la législation.

Bien qu'un nombre significatif de victimes de violence conjugale soit masculines, le VAWA définit la victime comme étant une femme. Avec pour conséquence que les services et les maisons d'hébergement financés à même nos impôts aident les femmes, mais refusent systématiquement d'accueillir les hommes, incluant souvent des garçons plus âgés.

Les évaluations varient quant au taux de victimes masculines. Le professeur Martin Fiebert de l'Université d'État de Californie à Long Beach fournit une bibliographie qui «recense 170 enquêtes scientifiques: 134 études empiriques et 36 revues et/ou analyses».

Il indique que les hommes et les femmes sont victimes de violence conjugale à un taux presque identique. Une récente étude du BOJ [Bureau of Justice] présente un chiffre plus conservateur: les hommes représentaient 27 % des victimes de violence conjugale entre 1998 et 2002.

En conséquence, les défenseurs des droits des hommes accusent non seulement le VAWA d'être inconstitutionnel en excluant les hommes, mais également de nier l'existence d'un quart, sinon de la moitié, des victimes de violence conjugale.

La critique doit aller plus loin. De multiple façons, le VAWA caractérise l'approche législative aux problèmes sociaux qui a émergé au cours des quelques décennies passées, pour atteindre un sommet durant les années Clinton.

L'approche législative suit une tendance: le public se scandalise d'un problème social; le congrès subit des pressions pour «faire quelque chose»; la bureaucratie réparatrice intervient, souvent en improvisant; le problème reste entier; plus d'argent et de bureaucratie sont réclamés; ceux qui s'objectent sont qualifiés d'hostiles «aux victimes».

Le VAWA est issu pour une large part des inquiétudes soulevées par les féministes des années 80. Elles ont, à juste titre, présentées la violence conjugale comme un problème social négligé et mal compris. Mais leur analyse est allée aux extrêmes et semblait surtout faite pour attiser le scandale public.

Prenez par exemple leur affirmation largement répandue: «une femme est battue toutes les 15 secondes». La statistique est parfois attribuée au FBI, d'autres fois à un enquête statistique de 1983 du Service juridique (Bureau of Justice). Mais ni les sites du FBI ou du BOJ ne semblent diffuser cette information ou une autre déclaration similaire.

Les défenseurs des droits des hommes affirment pour leur part que la statistique nébuleuse provient du livre «Behind Closed Doors: Violence in the American Family» (1980) par Murray Straus, Richard J. Gelles et Suzanne K. Steinmetz. Le livre était basé sur la première Enquête nationale sur la violence familiale (1975), à laquelle le FBI et d'autres agences fédérales ont puisé.

L'enquête soutient bel et bien l'affirmation qu'une femme est battue toutes les 15 secondes, mais indique aussi qu'un homme est battu à la même fréquence. Omettre les victimes masculines crée cependant l'impression d'une épidémie nationale uniquement dirigée contre les femmes, qui requièrent ainsi une protection unique.

En réponse au tollé général, le Congrès fut contraint de «faire quelque chose». Il vota le VAWA en 1994, accordant 1.6 milliards de dollars pour créer une bureaucratie de chercheurs, d'avocats, d'experts et de personnels de soutien pour les victimes, que certains nomment «l'industrie de la violence conjugale».

Ré-autorisé en 2000, le financement du VAWA est grimpé à 3.33 milliards de dollars sur cinq ans. Aujourd'hui, le VAWA 2005 réclame encore plus d'argent.

Des groupes comme l'Organisation nationale des Femmes (ONF) insistent pour dire que «le problème» reste entier. Mais pour justifier «le problème croissant de la violence orientée contre un sexe», l'ONF l'étend au-delà de la définition traditionnelle de la violence contre les femmes en cherchant à protéger les collégiennes de relations amoureuses abusives. L'ONF affirme, «Près d'une femme sur trois d'âge collégial vit une forme d'abus - qu'il soit physique, sexuel ou psychologique - dans ses relations amoureuses».

Si l'ONF ne dilatait pas ainsi la définition, il lui serait difficile de justifier ses demandes de financement accru.

Les données indiquent que la violence contre les femmes, définie de manière traditionnelle, a nettement chuté. Le taux rapporté de violence familiale «est tombé d'environ 5.4 victimes par 1,000 à 2.1 victimes par 1,000 personnes agées de 12 ans ou plus», selon les statistiques du BOJ.

Le VAWA 2005 fait face à beaucoup plus d'opposition que ses précédentes moutures. Une des raisons en est le mouvement pour les droits des hommes qui publie des données et des contre-arguments depuis plus de 10 ans.

Les défenseurs du VAWA 2005 ont répondu par des alertes préventives, dépeignant leurs adversaires comme une menace pour les victimes: par exemple, «Si le Congrès n'agit pas rapidement pour ré-autoriser la législation, il met la vie des femmes et des enfants en danger».

Mais la plupart des arguments anti-VAWA ne vont pas à l'encontre des victimes. Plusieurs sont anti-bureaucratiques et pourraient s'appliquer à n'importe laquelle «des industries» créées par l'approche législative aux problèmes sociaux. (Les Services de protection des enfants en est un autre exemple).

Quelques objections anti-bureaucratie se concentrent sur les milliards de dollars transférés dans ces programmes, souvent sans surveillance adéquate ou responsabilité inhérente.

D'autres objections touchent le financement qui sert à des fins politiques plutôt qu'à une aide franche et immédiate aux victimes. L'usage impropre de l'argent des contribuables est l'allégation la plus souvent invoquée par les défenseurs des droits des hommes, qui font souvent face à l'opposition subventionnée du VAWA à l'égard de mesures politiques, particulièrement sur
les questions des droits des pères.

Un incident dans le New Hampshire illustre le point. Plus tôt cette année, la Loi sur la présomption des droits et responsabilités parentales partagés a été défaite par la vive opposition de la Coalition contre la violence conjugale et sexuelle du New Hampshire. La Coalition a écrit et parlé devant la législature. En conséquence, les défenseurs des droits des pères du New Hampshire cherchent à prendre la parole au VAWA 2005 pour interdire à toute agence financée par le VAWA «de faire du lobbying législatif, de la publicité, ou de soutenir par tout autre moyen l'endossement de, ou l'opposition à, n'importe quelle législation proposée par l'État» qui ne soit pas directement relié à la prévention de la violence conjugale.

Je pense qu'ils devraient chercher à faire abolir la loi. Je crois que le VAWA est non seulement idéologiquement inspiré et discriminatoire, c'est aussi un exemple montrant pourquoi les solutions bureaucratiques aux problèmes humains ne fonctionnent pas.

Je souhaite que le VAWA devienne le Titanic de l'approche législative aux problèmes sociaux. J'espère qu'il coulera de façon spectaculaire.


Wendy McElroy est la rédactrice d'ifeminists.com et un membre de la recherche à l'Institut Indépendant de Oakland, Californie. Elle est l'auteur et la rédactrice de plusieurs livres et articles, y compris le nouveau livre, «La Liberté pour les Femmes: Autonomie et Féminisme au 21e siècle» (Ivan R. Dee/Independent Institute, 2002). Elle vit avec son mari au Canada.

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