janvier 2006

Des centaines de petits OUTREAU


Le juge BURGAUD a certainement raison en laissant entendre que l'affaire d'OUTREAU s'est déroulée de façon tout à fait standard et conformément aux pratiques judiciaires habituelles.

Cette "affaire de pédophilie",
qui ne nous a nullement étonnés, ne peut être comprise sans connaître le contexte de la campagne anti-père / anti-pédophile en provenance des USA qui a envahi la France et qui a influencé les mentalités du milieu social et judiciaire.
A travers nos associations, nous avons vu ces pratiques se développer à partir de 1995.
Cette campagne a été importée par des mouvements hostiles au père et a été relayée par des associations de soi-disant défense des enfants, se portant souvent partie civile de façon agressive après avoir aidé à l'organisation de l'action. Elle a été soutenue par des médias empressés de contribuer à la dégradation de l'image du père.

Le but de cette psychose orchestrée est à l'origine l'élimination claire et nette des pères qui, dans des affaires de divorce et de séparation, ont la prétention de conserver des liens importants avec leurs enfants tandis qu'une mère excessive s'y oppose.
D'une façon générale, le résultat de cette propagande a été de sacraliser la mère et de dégrader l'image du père et de l'homme dans la société.
L'affaire DUTROUX est venue apporter un soutien amplificateur inattendu et a permis à la psychose collective recherchée de prendre une grande ampleur.

C'est donc par milliers (sans doute près de 5 % des 100.000 divorces et séparations annuels avec enfants) que, depuis dix ans, des suppressions a priori par des juges aux affaires familiales des droits de visite du père, ou l'imposition de visites restreintes dans des centres "médiatisés", ont lieu sur de simples allégations d'attouchements sexuels, dans le secret du huis clos judiciaire et sans aucun contrôle démocratique ni statistique a posteriori.
Lorsque cette tentative initiée par une mère délirante, ou bien qui lui est suggérée par quelque association ou avocate, échoue, celle-ci porte plainte pour viol sur les enfants, avec des variantes plus ou moins fantaisistes, mais toujours suivie d'effets judiciaires immédiats et implacables. La garde à vue est alors systématique et la détention provisoire fréquente.

On retrouve, dans l'affaire d'OUTREAU, à l'identique, l'exacte totalité des mécanismes que nous observons depuis dix ans. Ce n'est que le nombre des personnes impliquées et la présence de plusieurs femmes qui distingue OUTREAU et qui a permis au scandale d'éclater.
Des centaines de "petites affaires" n'ont pourtant fait l'objet d'aucune médiatisation et ont conduit autant de personnes à la prison ferme, parfois au suicide
.

L'équilibre affectif et social de milliers d'enfants de tous âges est détruit.

Nous avons eu directement à connaître de nombreux cas (*). Par exemple :

- Le père fait six mois de détention provisoire sur une accusation de viol portée par la mère qui divorce et confirmée par sa fille de 17 ans. Il est libéré après qu'un examen médical ait heureusement constaté que la fille est toujours vierge. On n'ose imaginer ce qui serait arrivé dans le cas contraire.

- Le père est condamné à deux ans de prison ferme, qu'il effectue, pour soi-disant actes sexuels sur sa fille de treize ans. Celle-ci est placée en foyer, la mère étant défaillante. A seize ans et demi, elle fugue et va vivre chez son père. Elle vient vers nous et dénonce personnellement alors les pressions de sa mère et d'assistantes sociales, pour lui faire accuser son père quand elle avait treize ans. Mais ils en restent là du fait de la menace des assistantes sociales de la faire placer en institution spécialisée.

- Le père est privé pendant deux ans de tout contact avec ses jeunes enfants pour de soi-disant attouchements sexuels. Les fausses accusations de la mère finissent par être reconnues comme telles. Poursuivie ensuite par le père, celle-ci sera condamnée en Cour d'appel à payer Un Franc,…symbolique à plus d'un titre.
La résidence principale des enfants est laissée à la mère après le divorce.

- Fin 2005 : Un père, cadre dirigeant, vient d'effectuer deux années de prison après mensonge de la mère et de deux enfants, un garçon et une fille âgés alors de 12 et 13 ans au moment du divorce. Ces derniers se sont rétractés avant la condamnation. Mais la juge a refusé de prendre en compte ces déclarations, ne voulant pas se dédire. Le père qui a tout perdu tente, sans doute en vain, de faire réviser son procès.

Exactement comme à OUTREAU :

- A l'origine, presque toujours, une mère, sacralisée, qui est attentivement écoutée et dont les divagations sont soigneusement prises en compte, sans aucun discernement ni clairvoyance.
- Des méthodes d'interrogatoire et d'enquête  principalement axées sur la pression morale et la menace, accompagnées de l'excitation d'avoir mis la main sur un pédophile.
- Des enfants de tous âges dont la parole, bien qu'induite par la mère, est prise pour argent comptant, sans approche critique. Certaines associations et certains spécialistes ont d'ailleurs œuvré activement à l'émergence du dogme quasi religieux de la parole de l'enfant. Même lorsque l'enfant est sous influence exclusive de la mère après que le père ait été écarté.
- Des acteurs sociaux partisans, des enquêtrices sociales qui initient ou alimentent la psychose, non sans hystérie.
- Des experts psychologues à l'idéologie invérifiée et incontrôlée qui abondent dans le sens de la mère - ou dans le sens du juge pour conserver sa clientèle - et qui parfois induisent les réponses des enfants ou apportent même le détail qui manque aux dessins infantiles.
- Des avocats tièdes et plus soucieux de leur réputation locale que de défendre un innocent (on ne défend pas sérieusement un présumé pédophile !).
- Des Associations dites de " défense des enfants " qui se ruent littéralement sur ce type d'affaire aux côtés de la mère, qu'elle ont par ailleurs souvent conseillé, pour se porter partie civile.
- Des magistrat(e)s, Juges au affaires familiales, Juges des enfants, Juges d'instruction, Juges du Siège qui, consciemment, ou bien étant dans la plus grande confusion mentale, sacrifient par facilité le père à la psychose collective et à l'hystérie des parties civiles (mères, associations,…).

Lorsque le père est innocenté, on maintient très généralement la résidence principale chez la mère, quel que soit son état psychologique, et on impose même à celui-ci des visites médiatisées en point rencontre, parfois payantes. Les relations des enfants avec leur père ont été détruites de façon quasi-irréversible et rien n'est fait pour aider sérieusement à leur rétablissement.

Depuis dix ans nous dénonçons, par de nombreuses communications et mises en garde à la presse, aux élus de la Nation, aux autorités et jusqu'aux ministres de la justice successifs, les risques et les anomalies de ces pratiques de fausses accusations d'actes sexuels ou de viols dans le cadre de divorces conflictuels et les conséquences pour les enfants concernés et pour les équilibres actuels et futurs de la société. Aucune réaction vraiment significative n'a été décelable.


Est-ce parce que cela ne concernait "que" des pères ?

Quelles réformes peuvent être proposées après Outreau ?

Va-t-on se polariser sur le juge d'instruction et le supprimer, ainsi que le réclament certains avocats, pour mettre en place un système accusatoire et une défense " de riches ". D'avocats plus riches, bien entendu, car ils en seraient les premiers et sans doute seuls bénéficiaires. Ceci ne garantirait en effet même pas une défense efficace, les avocats français n'ayant aucune tradition de l'enquête ni de formation adaptée.
Ne semble-t-il pas préférable de conduire une instruction collective avec plusieurs magistrats dont éventuellement l'un serait " à charge " et l'autre " à décharge " ?   Par précaution, ce dernier devant être de même niveau d'expérience et de compétence que le premier. Une haute spécialisation pour ce genre d'affaires est également indispensable.

Va-t-on résoudre le traitement désastreux des affaires familiales qui encombrent les palais et dont le huis clos s'ajoute à l'unicité du juge et à l'influence de son opinion personnelle ?

La responsabilité individuelle à la suite de décisions qui conduisent à des drames va-t-elle faire l'objet d'une prise en compte sérieuse ? (Suicide, comme à Outreau, ou meurtre d'enfant par un(e) parent(e) après décision partiale et mauvaise du juge aux affaires familiales).

Un intervenant de bonne réputation des audiences de la Commission d'Outreau déclarait : " Il faut changer les mentalités ". Des mesures en ce sens, réellement adaptées et à l'évidence nécessaires pourront-elles voir le jour ?
Ce n'est que ce que nous demandons depuis plusieurs années. Le séisme d'OUTREAU n'est pas le résultat de la défaillance d'un seul juge, ni même d'un seul tribunal, il est l'incident tardif mais logique du fonctionnement malsain d'une société déviante dont la Justice n'est plus que le bras armé. D'autres outrances sont d'ailleurs en bonne voie, comme les faits de violence conjugale qui font actuellement l'objet d'une intense propagande à sens unique.


(*) Cas observés par le fondateur de SOS PAPA qui s'est entretenu avec près de 5.000 pères en quinze ans.