6 mars 2013

 

Pluie d'articles paternophobes et chiffres magiques

 

Après l’histoire du père sur sa grue, les articles paternophobes et anti-SOS PAPA continuent de pleuvoir.
Le dernier en date jongle allègrement avec les statistiques du ministère de la justice pour affirmer que seulement 2% des pères divorcés demandent la garde des enfants en conflit avec la mère.

 Ainsi : Johanna Jacquot-Albrecht, étudiante Sciences-Po, affirme :
« ..la quasi-totalité des chiffres et faits énoncés par l'association (ndlr: SOS PAPA) sont faux, ou détournés. En 2003, seuls 2% des divorces de couples mariés (soit 42 couples), et 6% des séparations de couples non-mariés ont donné lieu à des conflits de garde: le père et la mère demandant la garde »
( http://www.huffingtonpost.fr/johanna-jacquotalbrecht/sos-papa-garde-denfant_b_2781068.html )

 42 couples mariés seulement ? !! Evidemment ! puisqu’il s’agit d’un petit échantillon dune étude partielle portant sur seulement 2306 divorces… !
De plus, et là, c’est vraiment énorme, ces 2% de divorces se rapportent à un type de désaccord qui « persiste à l’issue de la procédure de divorce » ainsi que le précise bien le ministère de la justice. 

Cela signifie que 2% des divorces donnent encore lieu, après la fin de la procédure de divorce à un conflit persistant qui amène le juge à redéfinir la résidence. Et ceci seulement, bien entendu, si le parent lésé n’a pas baissé les bras, s’il lance une nouvelle requête, si de nouveaux évènements sont intervenus et s’il a encore assez d’argent pour payer à nouveau l’avocat. Il ne s'agit d'ailleurs que de la partie visible de l'iceberg des conflits qui donnent lieu à une nouvelle procédure enregistrée par la justice. Qui pourrait croire que les 98 % autres divorces sont apaisés quand près de la moitié des divorces sont conflictuels et qu'un si fort % d'enfants voient leur lien rompu avec leur père par la suite.

Vérification sur le site du ministère de la justice :

(Etude partielle par sondage portant sur 2306 divorces : )
(  http://www.justice.gouv.fr/art_pix/1_1_071108autoriteparentaleaprdivousep.pdf  )

Le désaccord subsistant sur la résidence entre parents qui divorcent

«Dans 2 % des divorces avec enfant un désaccord sur la résidence persiste à l’issue de la procédure de divorce, chacun des parents souhaitant obtenir la résidence de l’enfant chez lui.
Le juge fixe alors la résidence chez la mère dans 65 % des cas et chez le père dans 26 % des cas. Les 9 % restants se partagent équitablement entre une résidence en alternance et une fratrie séparée entre le père et la mère. »
 (page 5)
« 6 % des couples non mariés qui se séparent restent en désaccord sur la résidence des enfants à l'issue de la procédure (et seulement 2 % des couples qui divorcent). La résidence est alors fixée un peu moins souvent chez la mère qu'en cas d'accord (69 %) et plus souvent chez le père (17 %) ou en alternance (10 %). » (page 7)

Ceci signifie simplement que le juge (Encore faut-il qu'il en soit saisi par nouvelle requête) corrige des situations mal jugées précédemment ou délicates qui risqueraient éventuellement de conduire à des drames.

Les statistiques globales connues et utilisées par SOS PAPA, qui sont les statistiques officielles, sont bien toujours aussi défavorables aux pères ainsi qu’il apparaît dans les dernières statistiques un peu détaillées établies par le ministère :

« L’ensemble des divorces prononcés en 2007 concerne environ 136 000 enfants mineurs.»
 (  http://www.justice.gouv.fr/art_pix/1_stat_divorce_20090722.pdf  ) (page 20)

  La décision sur la résidence des enfants »

«Globalement, en 2007, plus de trois quarts des enfants mineurs dont les parents divorcent vont résider chez leur mère, 8 % chez leur père et 15 % en alternance chez l’un et l’autre de leurs parents …/…  la répartition entre une résidence chez le père et chez la mère est de 8 % - 92 % en cas de consentement mutuel, 10 % - 90 % en cas de divorce accepté et 12 % - 88 % en cas de divorce pour faute. »
(  http://www.justice.gouv.fr/art_pix/1_stat_divorce_20090722.pdf  )  (page 21)

15 % en alternance, cela fait 85 % chez un seul des parents. Soit, pour 100 enfants en résidence principale chez un seul parent :
 (8 / 85 * 100) = 9,4 % chez le seul père et donc 90,6 % chez la seule mère. Seulement 4% des enfants de moins de 5 ans résident chez leur père. 15 % à partir de l’âge de 15 ans.

En gros, rien n’a changé depuis 30 ans lorsqu’il faut trancher.