Copyright Association SOS PAPA 78 - 2004
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Témoignage n° 9


Je me suis rendue pour la première fois le 6 juillet 2002 à une réunion SOS PAPA, avec mon ami. J’étais la seule femme présente parmi ces papas nouveaux arrivants ou déjà adhérents de cette association de défense des droits des pères. Aucune hostilité à mon égard : ces hommes aiment toujours les femmes ! J’avoue qu’après ces quelques heures passées auprès de ces pères tristes et désabusés, mon regard a changé sur bien des choses. J’ai divorcé il y a quelques mois sur requête conjointe et j’ai la garde de mes deux enfants : normal j’en suis la mère et mon ex-mari ne voulait pas des enfants. Mais s’il l’avait souhaité ? S’il l’avait souhaité, j’aurais choisi un deuxième avocat, un avocat peu scrupuleux. Ou bien avec un peu de chance un avocat qui peut " s’arranger " avec l’autre en souvenir d’un service rendu. Deux avocats du même barreau ne vont pas s’affronter corps et âme pour une histoire de divorce ou de séparation tout de même. Et puis j’aurais certainement utilisé quelques stratagèmes féminins pour faire céder mon ex-mari (ceux-ci ne manquent pas et parfois il suffit de lire les journaux pour trouver des idées). Qu’importe s’il faut utiliser les enfants : les enfants n’aiment-ils pas plus leur mère ? Et pour le cas où il n’aurait pas changé d’avis ? Le JAF tranche le plus souvent en faveur des mères.

Et ces papas que j’ai rencontrés, qui sont-ils ? Issus de tous milieux (cadres ou cadres supérieurs, fonctionnaires ou bien employés…), leur détresse seule est commune : on leur a enlevé leurs enfants. Des histoires sordides, dignes de Dallas avec à la place de l’infâme JR, un système juridique en matière de divorce pernicieux pour les pères et des femmes qui sont prêtes à tout pour garder le contrôle de leurs enfants et se venger de leur mal être sur le père de leurs enfants. Que répondre à ce père dont la concubine est partie pendant 2 ans, lui laissant trois enfants en bas âge et qui revient un beau jour reprendre sa progéniture. Une enquête sociale a lieu mais peu importe c’est le juge qui décide… et les enfants repartent de gré ou de force. A celui-ci dont l’ex-épouse ne travaille pas et vit sur la pension que lui verse son ex-mari et qui décide, 3 mois après le prononcé du divorce, de s’installer dans le sud de la France avec leurs trois enfants. Comment garder des liens avec ses enfants s’il ne les voit que pendant les vacances scolaires ? Et à celui-là dont l’ex-compagne lui dépose de temps à autre leur enfant de 16 mois pour des durées indéterminées. A cet autre dont l’épouse le quitte subitement pour une autre personne. Une histoire qui ne dure pas. Un an après, le divorce sur requête conjointe n’est pas prononcé. Elle revient sur la garde alternée, veut tout lui prendre, l’accuse d’adultère car il a commencé à refaire sa vie et tente de briser à travers la manipulation des enfants l’harmonie qui s’est instaurée dans la nouvelle famille de son mari.

Et ce père d’une adolescente de 18 ans qu’il n’a pas vu depuis de longues années faute de savoir où la joindre et qui reçoit aujourd’hui une adresse où envoyer des chèques pour les études d’une jeune fille qui ne souhaite même pas le voir. Chaque histoire est unique et pourtant il semble qu’on entend souvent les mêmes récits. Peu importe les torts dans le divorce. Les parents doivent préserver leurs enfants et ne pas les utiliser pour régler leurs comptes. Aux mères : les enfants ne nous appartiennent pas et pour leur équilibre ils ont besoin d’un papa autant que d’une maman. Aux JAF : le bien être des enfants et de leurs familles dépend uniquement de votre volonté… Pourquoi plus un père qu’une mère ? Pourquoi pas les deux ?

2002 - Bridget J. Cal