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Témoignage n° 17

 

Membre de l’Association depuis un peu plus d’un an, j’ai pu apprécier à plusieurs reprises la qualité du soutien juridique et psychologique que vous apportez aux pères en détresse.

Vous avez renforcé mon ardeur et ma combativité dans la lutte que je mène pour sauvegarder mes droits de père.

Aujourd’hui la situation évolue en ma faveur et en direction de l’équité.

Je tenais à vous raconter mon histoire afin que la décision récente du JAF puisse, par l’intermédiaire d’un entrefilet dans la revue «SOS PAPA» réconforter d’autres pères en lutte, tout comme je l’ai été moi-même, il y a quelques temps, en lisant le récit d’aventures judiciaires heureuses :

Je me suis séparé de ma femme en février 1999, à la suite d’un adultère qui a été douloureux à vivre pour moi qui en étais la victime. Contre ma volonté et profitant de mon absence, ma femme a pris notre fille âgée de 3 ans et est partie vivre avec son amant.

Durant un an, j’ai fait tout mon possible pour parvenir à un accord concernant l’enfant. Je me suis épuisé à chercher un compromis afin de mettre en place une garde alternée qui me semble être le seul mode de fonctionnement qui préserve l’équilibre de l’enfant et assure les droits du père. En vain. Ma femme a systématiquement refusé de partager l’enfant. J’ai dû subir, en dehors de toute décision judiciaire le dictat de la mère qui décidait seule du calendrier des visites. Un cauchemar !

J’ai donc saisi le juge, après avoir constaté l’échec de toute solution amiable. J’ai mis en avant la douleur qu’éprouve un père à être dessaisi de ses responsabilités paternelles, le chagrin ressenti à voir s’écouler les jours sans cette enfant que j’adore, l’injustice cruelle qui règne lorsqu’un enfant est élevé par l’amant de sa mère tandis que son père est totalement disponible, les troubles que cela crée chez l’enfant.

J’ai également insisté sur le fait que j’avais modifié de fond en comble l’organisation de ma vie professionnelle afin d’être plus disponible pour ma fille. J’ai multiplié les témoignages des proches, attestant la force des liens qui m’unissent à mon enfant, la qualité des soins quotidiens que je lui apporte, le temps consacré à ma fille lorsqu’elle était avec moi, les moyens mis à disposition pour ses loisirs, ses jeux, son mobilier, ses vêtements. J’ai fait le maximun.

En face, j’ai essuyé ricanements et cynisme. «Un enfant appartient à sa mère», «la loi et la jurisprudence sont claires»…J’allais droit dans le mur !

J’ai donc demandé le bénéfice de la résidence de l’enfant et à titre subsidiaire une garde alternée. Cette dernière mesure étant celle que j’avais toujours désirée car je n’ai jamais eu, moi, le désir de priver ma fille de sa mère.

La décision du JAF est tombée le 9 mars dernier. J’ai gagné. Le juge m’a accordé la résidence alternée, a maintenu la pension alimentaire aux 2.500 F que je versais déjà depuis un an à ma femme (elle en demandait 8.000 !) et a exigé la restitution d’un bijou de famille volé par elle. Pas de prestation compensatoire car l’adultère était prouvé.

J’ai ressenti l’émotion la plus intense de ma vie, un bouleversement total, la sortie de la nuit du cœur. Je reste un père et ma fille est préservée.

Il ne s’agit bien sûr que de la première bataille. Ma femme a très très mal pris la chose et conteste la décision. Notre histoire n’est pas achevée.

Je tenais à vous faire part de cette décision qui constitue une inflexion très forte de la jurisprudence et un pas énorme vers la Justice.

2000 - Denys M-C (Paris)