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Témoignage n° 41

 

En 1999, mon épouse me quittait. Le divorce fut prononcé en 2000. J'avais réussi à ce que le juge accepte la garde alternée. Le contenu de l'ordonnance de divorce était assez succinct et laissait beaucoup de place à des liberté autour de l'organisation de la garde de notre enfant. Nous avons vécu une année de garde alternée, d'une semaine sur l'autre. Cela fonctionnait bien malgré une tension importante entre mon ex-épouse et moi.

Depuis, je me suis remarié, j'ai eu un autre enfant, j'en ai adopté un autre.

Et puis mon ex-femme est partie travailler à l'autre bout du pays, le plus loin possible de moi. J'avais réussi à ce que notre fille reste avec moi. Après tout, c'est la mère qui partait, de son plein gré, et il fallait qu'elle en accepte les conséquences.

Pendant l'année, elle avait mis dans la tête de notre fille de 4 ans qu'elle viendrait vivre avec elle l'année suivante - au nom de l'alternance à laquelle je tenais tant. Rien n'y fit pour faire comprendre à mon ex-épouse que la donne avait changé et qu'il n'était plus possible de pratiquer l'alternance, et surtout pas d'une année sur l'autre. Il fallait choisir l'endroit de résidence habituel de notre fille pour qu'il soit stable. Notre fille n'y comprenait plus rien, et je faisait figure de méchant parce que je rendais sa mère malheureuse.

Elle ne voulut rien entendre et se référait à l'ordonnance de divorce qui stipulait l'alternance.

N'ayant pas d'autre moyen de me faire entendre, j'assignai mon ex-épouse devant le Juge aux Affaires Familiales. Je venais avec quelques arguments au nom du bien-être de notre enfant : il n'était pas question de la faire déménager d'une année sur l'autre et puisque cela c'était bien passé cette année, je ne voyais pas ce qui m'empêchait de continuer ainsi.

J'avais choisi une ligne stratégique où je ne faisait pas de mal à la mère de notre enfant. Je ne parlais que de bien-être et de logique.

Mon ex-épouse, quant à elle, avait choisi avec son avocat de me vomir dessus tout les clichés : j'étais instable, j'avais d'autres enfants donc elle ne me manquerait pas, je ne respectais pas l'ordonnance précédente, et quelques autres méchancetés qui ne valent pas la peine d'être répétées.

Le Juge K., JAF de Toulouse, que je cite parce qu'elle est l'exemple du juge partial et qui cause beaucoup de soucis aux pères dans la région, eut cette phrase horrible et rétrograde :

"Mais que fait cette enfant chez son père ?"

Je suis resté choqué et estomaqué de cette remarque.

Aujourd'hui, ma fille a sa résidence principale dans le Nord, je ne la vois qu'une fois par mois. Cela me coûte une fortune en billets d'avion, toutes nos vacances sont chamboulées (rappelons que les calendriers scolaires diffèrent entre les académies).

J'ai accepté la situation en philosophe. Cette enfant a autant le droit de vivre avec sa mère qu'avec son père. Donc pourquoi pas avec sa mère ?

J'ai posé plusieurs conditions à cela : pas de pension alimentaire et notre enfant reviendra vivre avec moi lorsqu'elle entrera au collège. Bien mince consolation : je ne la vois pas grandir et les quelques jours que nous passons ensemble de temps en temps sont bien là pour nous rappeler de la distance qui nous sépare.

Cependant, il semble que la décision soit bien trop souvent prise en ce sens. La plupart des juges sont encore rétrogrades, et certainement au nom du féminisme pour la plupart. Ces juges femmes qui règlent leurs comptes avec les pères qui viennent les voir dans l'espoir d'un jugement équitable sont à dénoncer. Le tribunal n'est pas un lieu où elles devraient pouvoir déverser leurs rancoeurs.

2004 - Bertrand C.