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Témoignage n° 48

 

Bonjour,

J'ai hésité à envoyer ce témoignage pour deux raisons : la première, je suis belge et votre site est plus spécifiquement français, la seconde, le découragement.
Je suis père de trois enfants de 6 ½, 4 ½ et 3 ans, j'ai 34 ans, et j'ai divorcé cette année, en mars pour être exact. Je suis autorisé par la justice belge à voir mes enfants 1 heure par semaine avec la présence obligatoire d'un psychologue, en milieu fermé sans possibilité de sortie ni, encore moins, d'hébergement.

Comment en suis-je arrivé là ? C'est assez compliqué… La genèse de tout cela remonte à octobre 2003, lorsque sur les conseils plus que pressants de mon ex-femme je suis entré en institution afin de soigner une dépression récurrente. Profitant de mon internement - volontaire je le précise - et du brouillard médicamenteux dans lequel je me trouvais, elle a déposé une demande en divorce. Ne pouvant sortir librement de l'hôpital, je n'ai pris aucun avocat pour me défendre. Mon ex-femme m'a interdit - illégalement puisque aucun jugement n'avait encore été rendu - de rentrer à mon domicile et de voir mes enfants. Elle est venue me voir avec les enfants une seule et unique fois afin de déposer les papiers du divorce.

Le jugement de séparation a eu lieu pendant mes soins, au mois de novembre, le domicile et la garde des enfants confié à mon ex-femme. Je pouvais voir les enfants une fois par semaine durant mon hospitalisation, c'était indiqué dans le jugement ! Mais mon ex-femme voyait les choses de manière différente et elle n'est jamais venue les présenter ni, comme l'accord le prévoyait, les déposer chez ma soeur. J'ai reconvoqué une séance au tribunal afin de faire valoir le non respect du droit de visite.

Grave erreur. En effet, mon ex-femme m'a alors accusé d'appartenir à une dangereuse secte sataniste qui pouvait mettre mes enfants en danger. Les preuves ? Très simple d'en trouver puisque je suis un amateur de philosophies et de religions, j'aimais les étudier et j'avais de nombreux objets chez moi que mon ex-femme a pu exposer au juge : ménora, brule encens, livres, … Ayant dans ma jeunesse cotoyé des personnes versées dans l'ésotérisme, mon ex-femme a produit des e-mails qui ont fini de convaincre le juge que j'étais un dangereux sectaire. Enfin, un sectaire qui accepte de faire soigner sa dépression en instituion publique je n'en connais pas des masses…

Bref, le juge a alors statué que je ne pouvais exercer mon droit de visite parental puisque dangereux philosophiquement pour mes enfants ! Le jugement dit d'ailleurs que je suis embrouillé dans des croyances "moyenâgeuses" (sic) et dangereux gauchiste par la même occasion…
Le 13 octobre, donc j'ai vu mes enfants chez "moi" pour la dernière fois. Et de novembre jusqu'à ma sortie de l'hôpital, j'ai vu mes enfants une seule fois, pendant 10 minutes (Je suis sorti de l'hôpital en février 2004). J'ai du attendre août 2004 avant de les revoir.
Aujourd'hui j'espère que les rapports de la psy prouveront que je ne suis pas dangereux pour mes enfants et que je pourrai convoquer une audience au tribunal afin de faire réviser le jugement et ses clauses.

Malgré tout, je sais que j'ai de la chance, certains pères ne revoient jamais leurs enfants. Je me contente de ce que j'ai en espérant plus dans l'avenir.
Ce qui est terrible c'est la souffrance infligée aux enfants par leur mère, elle les utilise dans un combat, dans une vengeance contre moi… Je souffre mais eux aussi et je ne peux rien y faire ! La justice s'en moque, les amis veulent rester neutres, le monde reste sourd…

Merci de m'avoir lu.

PS : J'ai décidé de laisser une trace de tout cela sur l'internet en créant un blogue
http://www.u-blog.net/EtoilesPerdues/
   cela fait du bien d'écrire sa douleur…

2004 - Willy F.